Les visites du Paris de la couture et du sur mesure

Une visite parisienne des coulisses de la création artisanale  de la Couture et du Sur Mesure grâce à la rencontre conviviale avec l’artisan du luxe au savoir-faire rare.

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Peaux d’Onar

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Le “concept de développement durable” appliqué à l’artisanat traditionnel de la fourrure et du cuir :  c’est l’engagement de la marque de mode Onar, créée il y a un an, à Helsinki.  Imprégnée d’une identité visuelle forte façonnée par de traditionnels savoir-faire artisanaux et une fibre écolo certaine, le style Onar a plu aux magazines de mode de suite, y compris à The Daily Couture. A ce jour, la marque émergente compte déjà de nombreuses parutions dans Vogue UK, i-D, The New York Times, Elle ou encore Harper’s Bazaar.

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“Il n’y avait pas d’autre créateur de mode qui travaillait la vraie fourrure avec ces valeurs du développement durable.”

Parce que, pour elle, “le luxe signifie la transparence”, Irene Kostas, la créatrice de Onar, explique que le tannage de ses peaux est sans chrome, 100% végétal, ses peaux d’agneaux produites de façon éthique en Italie et sa fourrure et autres cuirs issus de petites entreprises artisanales en Finlande.  “ Pour mes vêtements, aucun des animaux n’est tué pour sa peau. J’utilise des manteaux de fourrure vintage que je coupe et teints de nouveau en Finlande.” Il y a beaucoup de stocks de fourrure en Finlande. Onar utilise aussi la peau des ratons laveurs parce que dans le pays, leur population augmente et finalement, 80% des peaux sont devenus des déchets ». Recycler and réinventer la fourrure avec ses valeurs a permis à Onar de créer sa marque de fabrique. Pourtant, la créatrice admet faire face à un grand défi avec le débat manichéen sur la fourrure : “Je pense que la façon la plus écolo de vivre est d’utiliser ce qui existe déjà ». Le faux cuir, rappelle-t-elle, est fabriqué à partir du pétrole.

La singularité de ses créations, la créatrice la puise dans son histoire : la fusion de l’héritage esthétique de ses deux pays d’origine. Moitié finlandaise, moitié grecque, Irène Costas a à cœur de remettre au goût du jour les traditions artisanales. Elle a baigné dedans. Elle a vécu dans la petite ville de Kokkola dans le nord finlandais et sur l’ïle de Rhodes en Grèce — deux régions où, depuis des siècles, perdurent  les métiers anciens et traditionnels de la fourrure et du cuir. C’est en Finlande qu’une partie de la collection est confectionnée et qu’elle gère son entreprise familiale avec ses parents et l’aide occasionnelle de ses deux frères, tout en étant une DJ pro à ses heures.  “Je connais la chaine de production du cuir et de la fourrure”, affirme-t-elle. Son père avait quinze ans quand il commença à travailler la fourrure, et il la travaille toujours comme nombre de personnes dans le pays. “Ce sont des artisans,” dit-elle avec fierté.Ça fait plaisir de continuer le travail de ma mère et de mon père”.

Textures riches et esthétisme minimaliste

Irene Costas a toujours aimé ‘”les matières naturelles”, mais d’un autre côté, insiste-t-elle, elle voulait “présenter ces matières dans de nouveaux contextes, avec de riches textures façonnées pour un esthétisme minimaliste. L’espace, le future et la technologie sont des thématiques que j’aime.” En fait, le style Onar est né d’une recherche d’ « équilibre » entre des concepts opposés : des textures riches et moelleuses se confrontant aux  formes géométriques et minimalistes; des rencontres entre la tradition et le futur, entre l’artificiel et le naturel … Bref, tous ces mots finalement si banals dans la création contemporaine mais transformés avec consistance en un style Onar.

“Mes couleurs sont vraiment artificielles et plastiques, et on ne peut pas dire si la matière utilisée est naturelle ou pas.”  C’est exactement la première question qu’on se posait entre nous pendant la présentation presse en découvrant les manteaux, chapeaux et accessoires en fourrure. La fourrure de raton laveur ne procure pas ce toucher si doux qu’on attendrait d’une vraie fourrure. On ne s’attend pas non plus à voir de la vraie fourrure aux couleurs pétantes et aux poils si dociles, parfaitement calibrés selon les standards géométriques.

Or ce ne fut peut-être pas si facile à confectionner. Mais les pièces Onar aux lignes simples le faisait croire. C’est là tout le talent de la créatrice : nous surprendre avec d’inattendues propositions visuelles en fourrure selon une ligne de conduit écologique, le tout orchestré par Onar, le « rêve » en ancient  Grec -—  que demander de plus à une créatrice de mode?

-Stéphanie Bui

Onar, fur, the daily couture

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Site de Onar

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4 comments

Navré d’être franc mais je n’accepte pas ce discours qui se veut écologique. Si je ne m’abuse les animaux font partis de notre environnement et donc doivent être épargnés autant que possible. L’affirmation « faux cuir = pétrole » est trompeuse quand on sait qu’aujourd’hui existent des bio plastiques dégradables, de la maroquinerie effectuées avec du liège et bien sur Stella Mac Cartney qui créée son propre faux cuir à base d’huile végétale. Enfin n’oublions pas que le cuir et la fourrure sont traitées avec de nombreux produits chimiques destinés à les préserver de la décomposition (des produits issus de l’industrie pétrochimique !). Enfin je note que les créations présentées ici ne sont rien d’autres que la reprise des codes de l’univers de la fausse fourrure des années 80 et 90. Respecter l’environnement c’est épargner les animaux autant que possible.

by Jules on samedi 23 janvier 2016 at 13:58. Répondre #

Merci du message Jules, et nul besoin d’être navré pour la franchise : c’est agréable d’autant plus quand la politesse est au rendez-vous.
Merci aussi d’avoir mentionné l’engagement de Stella McCartney, c’est toujours bien de le rappeler, et le liège, fantastique matière, dont le savoir-faire étonnant est souvent perpétué de génération en génération par des artisans. Si vous aviez des informations intéressantes sur le travail du liège en maroquinerie, je suis preneuse. Mes dernières infos à ce sujet remontent à un certain temps, à des tests en cours pour réaliser des impressions et des couleurs.

Ce qui m’intéressait ici était de partager une histoire, une approche de la création artisanale et un engagement —celui d’Onar— à des valeurs écologiques, ce que la créatrice appelle le « concept de développement durable ». Il s’agissait avant tout de comprendre son point de vue.
L’engagement écologique s’exprime à géométrie variable aujourd’hui. C’est un fait. C’est un cheminement difficile et exigent pour les entreprises et pour beaucoup d’entre nous au quotidien. Stella Mc Cartney est une inspiration, et encore une exception.
Dans le cas d’Onar, ce qui m’a intéressée, c’est sa décision de s’inscrire dans le monde de la mode d’aujourd’hui en agissant, en lançant une proposition mode autre, hors fast fashion. Oui, elle recycle des peaux d’animaux, des animaux qui n’ont pas été épargnés et dont les peaux sont devenues des manteaux. Mais Onar crée sa fourrure à base du recyclage de stocks et tente de le faire d’une façon la plus écologique possible, à son niveau, y compris pour la traçabilité de son cuir.

Que cela ne soit pas convaincant pour tous voire acceptable pour vous et bien d’autres, c’est tout à faire compréhensif. Je ne trouve pas que sa démarche de créatrice de mode soit condamnable pour autant, au contraire : comme un nombre grandissant de créateurs indépendants émergents, Onar essaie et fait tout de même partie de l’exception dans l’industrie de la mode dominée par la fast fashion. Ni fast fashion, ni 100% écolo, ses créations expriment néanmoins un point de vue et des créations motivées par des valeurs écologiques. La tentative est intéressante.

Cette multitude d’initiatives inscrites à des niveaux d’engagement écologiques variables, ici et là dans le monde entier, participent à proposer une offre mode alternative. Je pense qu’une approche de la mode comme celle d’Onar a aussi le potentiel d’inspirer d’autres créateurs à réfléchir aux façons d’appréhender un engagement écologique en mode : relever les manches et se lancer même si on est une petite structure.

Si, à son niveau, cette marque de mode peut sensibiliser des consommateurs, d’autres créateurs, des journalistes et lecteurs à la possibilité d’un recyclage « sexy » et haute de gamme en mode (encore trop rare), à la question du tannage végétal etc et ainsi susciter auprès de son audience des questionnements sur les processus de fabrication dans la mode, sans oublier son hommage aux artisans qui nous est très précieux chez the Daily Couture, ce serait déjà très bien. C’est ce qui a motivé la rédaction de ce sujet.

by The Daily Couture on samedi 23 janvier 2016 at 23:51. Répondre #

Merci pour votre réponse très complète ! il est vrai qu’aujourd’hui je suis méfiant avec l’instrumentalisation de valeurs écologiques à toutes les sauces… Je comprends la démarche de cette marque et en effet il est intéressant qu’elle ne cautionne pas l’élevage des animaux dans des conditions assez dramatiques. Un vrai bon point ! mais les consommateurs vont-ils analyser à ce point la demarche ? à voir… Pour le liège la marque Matt & Natt a proposé des pochettes, portefeuille et sacs en très beau liège recyclé.

by Jules on lundi 25 janvier 2016 at 14:33. Répondre #

Ah, je suis contente de lire votre retour !
Je vais jeter un œil à cette marque, merci.
Rien de plus difficile que faire évoluer des habitudes de consommation effectivement, et la mode reste un coup de cœur avant tout, mais elle ne vit pas sur une autre planète non plus.
Pour prendre la question d’un autre point de vue, j’aime bien citer ce que nous avait partagé Marco Bizzarri, CEO Kering Luxury et Président de Bottega Veneta lors du Copenhagen Fashion Summit en 2014 : la stratégie de « développement durable » du groupe s’est renforcée non pas par « charité » mais parce qu’à son grand étonnement, pendant les entretiens d’embauche, les meilleurs candidats questionnaient les ressources humaines sur ce que faisait le groupe en terme d’écologie.
L’évolution vers des usages plus écolo s’exprime par des petits pas ici et là et, avec cet exemple, on voit concrètement comment un individu, plus un autre etc contribuent à impacter sur le débat.

by Stéphanie on mardi 26 janvier 2016 at 15:29. Répondre #

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