Parmigiani-Palais Royal



parmigiani fleurier, the daily couture

L’inauguration officielle du « Studio Parmigiani Fleurier », sa toute première boutique parisienne au 125-126 Galerie de Valois dévoilait un élégant « cabinet de travail » façonné sur mesure. L’intimité avec la matière dans ses moindres détails, de la fabrication de la pièce horlogère à celle du mobilier du « Studio »,  insuffle à son univers de la  Haute Horlogerie suisse ce quelque chose qui en impose. « Prolonger la vision de l’œil par une vision de l’esprit », nous a écrit Pierre Hadot ; c’est qu’au-delà de l’objet fonctionnel signé Parmigiani plane l’exigence d’une vision créative née dans la Manufacture suisse œuvrant au rythme d’un autre temps.

Parmigiani Fleurier à Paris

Parmigiani Fleurier Paris, jean-marc jacot

Tonda Tourbillon1950, Parmigiani Fleurier

Peu importe le nombre de composants, de tourbillons, d’apparentes complexités voire la question du taux de croissance des ventes par an qui grandit « gentiment », l’important, insiste-on chez Parmigiani Fleurier, c’est de préserver l’exigence de la qualité de la création. « C’est comme le Chef Guy Martin, compare  Jean-Marc Jacot, CEO de l’horloger : s’il voulait faire, un jour, un restaurant avec 500 couverts, il ne pourrait plus faire la même qualité de cuisine ».  Ami de la marque, le Chef étoilé du Grand Véfour incarnerait, ce jour-là, par sa Haute Cuisine, la Haute Horlogerie pour le bonheur de nos papilles…  Plutôt que sur « un chiffre d’affaire à multiplier par cinq », c’est donc sur « la visibilité » et « beaucoup sur l’existence de la marque » que mise l’horloger avec son nouvel espace de vente, insiste le CEO, déjà interviewé par the Daily Couture (voir en notes).  La marque est née, non pas d’une histoire centenaire, insiste-t-il, mais d’une vision de la création défiant les logiques de développement aux chiffres calibrés. « On n’a pas d’histoire, c’est mieux de regarder devant qu’en arrière. Ne pas avoir d’histoire est un immense avantage».

Une liberté donc, celle de décider, il y a quinze ans, rappelait Thierry Conquet, architecte d’intérieur de CA&CO et ami de longue date de Jean-Marc Jacot, de créer l’univers de la marque horlogère : « Chacune des boutiques est complètement différente de l’autre parce que nous sommes, depuis le début, partis sur une idée très simple, celle de dire qu’on était une marque réservée à des passionnés d’horlogerie, des initiés, tout comme le sont les personnes qui travaillent dans l’entreprise.  L’artisan horloger Michel Parmigiani vit dans son histoire ».  Le choix du Palais Royal poursuit la même histoire, poursuit-il : « On sait très bien qu’on n’a pas de passage ici, mais ce n’est pas ça qui nous intéresse. Le bouche à oreille va exister et les personnes qui veulent nous trouver vont nous trouver. »

Dans la nouvelle boutique, les clients pourront apprécier la qualité de la réalisation également exprimée par le mobilier et objets imprégnés d’« un esprit, un ADN » : « un signe qui sera uniquement une histoire de ressenti parce qu’on ne va pas l’analyser », poursuit Thierry Conquet. « Il y a une écriture qui est la mienne et qui consiste à dessiner d’une certaine manière un certain mobilier qui sera réalisé avec certains matériaux. On dessine tout sur mesure. C’est un artisanat, et je me suis toujours considéré comme un artisan au service de  tous les impératifs que la marque s’est donnée afin de retranscrire ceux-ci dans le design : l’exclusivité, l’excellence du niveau de compétences et de réalisation ». L’architecte d’intérieur s’attarde alors sur le design de la corne de la montre Parmigiani, sur ses courbes et contre-courbes liant harmonieusement le cadre au bracelet. Autant un impératif qu’un symbole chez l’horloger : grâce au design de la corne, le ressenti de la montre Parmigiani sur le poignet sera semblable à l’impeccable tombée d’une robe… Ces courbes, on les retrouvera ici et là dans les objets et mobilier.

Autre exemple de cet art du détail inhérent aux métiers d’art ayant investi le mobilier de la nouvelle boutique : l’ébénisterie et la marqueterie d’art  de la table basse en chêne des marais conçue sur mesure. L’idée ?  Assembler selon un savoir-faire traditionnel feuilles de bois et de placage en vue de créer un dessin particulier, celui de rosaces enchevêtrées, semble-t-il.  Encore faut-il s’en rendre compte !  La différence entre une qualité perçue et une qualité réelle semble ne pas exister chez Parmigiani — ce débat agite de nombreuses grandes marques de luxe aux prises avec les logiques commerciales du toujours plus au risque parfois d’entacher leur réputation.  Non, on n’imagine décidément pas les clients de Parmigiani subir une déconvenue semblable à celle qui attendrait, un jour, des clients avenue Montaigne : leurs produits de luxe inélégamment déteints par la couleur du papier de soie les enveloppant…  Un semblant de savoir-faire du papier de soie alors.  Chez l’horloger suisse, souligne Thierry Conquet, « vous allez retrouver dans des dessins le type de prestations que vous pourrez retrouver au niveau des artisans horlogers. »

La qualité d’une montre réside aussi dans l’innovation qu’elle incarne dans un secteur resté « extrêmement conservateur », commente Jean-Marc Jacot. L’année prochaine sera présenté un mouvement sur lequel Parmigiani travaille depuis huit ans. Un modèle « révolutionnaire », s’enflamme-t-il, révélant que celui-ci a nécessité le recours à la recherche fondamentale. La montre mécanique positionnée au niveau de la physique, et non plus de l’horlogerie… On a hâte de voir ça !

En attendant la présentation du modèle inédit l’année prochaine, Parmigiani Fleurier continuera la programmation de ses évènements, toujours avec cette volonté de communiquer au plus juste sur ses valeurs d’exigence. En effet, comment donc transmettre au mieux les valeurs hors normes de l’artisanat d’art horloger, notamment ce rapport au temps de la création artisanale ?  « Pour faire vivre le temps » à ses invités, Parmigiani eut l’idée d’organiser des vols en montgolfière.  Efficace ! — The Daily Couture en avait fait expérience.  « Quand on est dans la nacelle, vous ne pouvez rien faire, vous devez vivre le temps. On ne peut plus bouger.  Et pour moi, c’est important de faire vivre le temps aux invités », insiste le CEO, avant  de conclure : « On est dans une société où c’est le volume qui compte. Aujourd’hui, il faut se repositionner à des tailles humaines, surtout dans le luxe. On n’essaie pas de faire « le plus », mais « le mieux ».

Et quoi de mieux qu’une loupe d’horloger, remise à chacun des invités lors de l’inauguration de la boutique, pour faire passer le message et observer, dans ses moindres recoins, la dernière création Parmigiani : la Tonda Tourbillon 1950 dotée d’une prouesse technique grâce à un façonnage inédit du titane : la cage de tourbillon la plus légère au monde.

-par Stéphanie Bui

Notes :

Pour un compte-rendu technique de la Tonda Tourbillon 1950, voir le site spécialisé Les rhabilleurs.

Parmigiani Fleurier, site officiel

« Haute Couture Horlogère », précédent billet sur Parmigiani Fleurier par The Daily Couture

Tonda Tourbillon 1950, Parmigiani FleurierTonda Tourbillon 1950, Parmigiani FleurierTonda Tourbillon 1950, Parmigiani Fleurier

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